Jokelson & Handtsaem (2003)

Vernis­sage d’une expo­si­tion sur le port de Dunkerque.

Nous voi­ci sur l’un des nom­breux quais du Port Est de Dunkerque, un site d’une étrange beau­té qui frappe de prime abord par son gigan­tisme. C’est dans ce bâti­ment peint en rouge, ancien siège des Entreprises Maritimes Jokelson & Handtsaem et rebap­ti­sé Les petites vitrines, que se tient l’ex­po­si­tion Que Dieu sauve les grues.

Dans la salle prin­ci­pale, nous repé­rons Monsieur JACQUES en com­pa­gnie d’un frère en cal­vi­tie, dont nous appren­drons qu’il s’a­git de l’ar­tiste Jean-Jacques Petton qui, lui aus­si, a pris part à l’ex­po­si­tion. Première sur­prise : le cos­tume de Monsieur JACQUES n’est pas gris comme nous l’i­ma­gi­nions. Il nous confie­ra que ce beau vête­ment bleu est en réa­li­té une veste de pêcheur. « Surtout, ne le répé­tez pas à Gertrude ! » ajoute-t-il dans un mur­mure.

Monsieur JACQUES en per­sonne nous guide jus­qu’à la petite salle qui abrite son expo­si­tion. « Abrite » est un bien grand mot, car nous ne tar­de­rons pas à nous aper­ce­voir que ladite salle prend l’eau…

Au mur s’a­lignent les magni­fiques tirages de Patrick Devresse, met­tant en scène notre héros dans des situa­tions cocasses. « Toutes les pho­tos, nous confie Monsieur JACQUES, ont été faites à deux pas d’i­ci, sur le port. »

Sur le sol, Patrick Devresse a ins­tal­lé une grande mosaïque de pho­to­gra­phies nébu­leuses avec, en son centre, un por­trait de Monsieur JACQUES.

Dans la salle voi­sine, un artiste maré­mon­gol… euh, pomé­ra­nien expose des pein­tures géantes par­mi les­quelles nous remar­quons celle-ci qui nous fait immé­dia­te­ment pen­ser à la grande absente de ce ver­nis­sage : mais où donc est Gertrude ?

De retour dans la salle prin­ci­pale où nous attend un sym­pa­thique buf­fet, nous tom­bons en arrêt devant une éton­nante ins­tal­la­tion. Il s’a­git, nous dit Patrick Devresse, du décor d’un spec­tacle de marion­nettes qui se don­ne­ra ici. Au sol, une mul­ti­tude de mains atta­chées ensemble nous rap­pelle ce que Monsieur JACQUES raconte sou­vent à pro­pos du nombre incal­cu­lable de mains cap­tu­rées que ses visi­teurs lui envoient, et dont il ne sait que faire…

Qui ose­ra désor­mais pré­tendre que Monsieur Jacques traite ses affaires par-dessus la jambe ?

S’avisant que le moment des réjouis­sances tarde à venir, Monsieur Jacques décide de prendre les choses en main et d’as­su­rer lui-même le ser­vice.

Le natu­rel reprend vite le des­sus, et voi­là Monsieur Jacques oubliant son rôle de bar­man pour se livrer à quelques facé­ties devant notre objec­tif.

« Une tar­te­lette ? »

La visite se pour­suit à l’é­tage où d’autres artistes pré­sentent leurs tra­vaux. Nous sur­pre­nons Monsieur Jacques et son « pho­to­graphe offi­ciel », Patrick Devresse. Mais pour­quoi donc ces mines déso­lées ?

« Il fait froid ! »

Avant que nous ne repre­nions la route, Monsieur Jacques nous entraîne dans une péniche amar­rée près du bâti­ment d’ex­po­si­tion, afin d’y admi­rer d’autres tra­vaux d’ar­tistes. Par un hublot, nous cap­tu­rons cette image fan­to­ma­tique du navire que nous avions aper­çu à notre arri­vée. De nuit, le port de Dunkerque prend une dimen­sion fel­li­nienne…