Questionnaire 1

Chers amis de l’école Yourcenar,

Votre cour­rier m’a fait un immense plai­sir ! Je me dou­tais bien qu’il y avait une bande de joyeux gar­ne­ments qui se pro­me­naient de temps en temps sur mon site ; j’entendais leurs éclats de rire, et je me deman­dais si j’aurais le bon­heur de les ren­con­trer un jour. Eh bien, vous voi­là, et je suis ravi de pou­voir dis­cu­ter avec vous. Je vais essayer de répondre, le plus sérieu­se­ment pos­sible, aux nom­breuses ques­tions que vous me posez…

> Où peut-on voir votre voi­ture ? La vendez-vous ? Combien coûte-t-elle ?

Pour le moment, on ne peut voir ma voi­ture que sur mon site, car elle n’est pas faite pour par­cou­rir de longues dis­tances. Mais pour aller d’une page à l’autre, c’est un moyen de trans­port bien agréable.
Je n’ai pas l’intention de la vendre, et je ne connais pas vrai­ment son prix. Mais comme elle est très ancienne (elle a plus de 40 ans), je pense qu’elle doit avoir une grande valeur pour les col­lec­tion­neurs… Au fait, c’est une Isetta. La mienne est alle­mande, mais cer­taines furent fabri­quées en France dans les années 1950 – 1960. Cela dit, je dois vous avouer qu’elle est toute petite : me croirez-vous si je vous dis que sa lon­gueur ne dépasse pas 13 cm ?

> Pourquoi ne mettez-vous pas de per­ruque ?

Figurez-vous que l’on m’a déjà posé la ques­tion, pas plus tard que la semaine der­nière. Un visi­teur m’a gen­ti­ment repro­ché de mon­trer mon crâne tout nu, car il pen­sait que cela pou­vait cho­quer les gens. Je lui ai répon­du que j’a­vais tout essayé : per­ruque Louis XV, cha­peau claque, cas­quette à pom­pon, cagoule de laine, béret de marin, et même le bon­net d’âne… Mais rien de tout cela ne me va, alors je pré­fère lais­ser mon crâne à l’air libre !

> Avez-vous réus­si à allu­mer votre ampoule ?

Ah ! ne m’en par­lez pas. À chaque fois que je par­viens à l’al­lu­mer, elle fait sau­ter les plombs du site et je me retrouve dans le noir. Je crois que je devrais plu­tôt m’é­clai­rer à la bou­gie…

> Est-ce que vous avez retrou­vé vos mains ?

Ce n’est pas à moi de les retrou­ver, mais à mes visi­teurs ! Mes mains aiment beau­coup se pro­me­ner toutes seules par­mi les pages de mon site. Mais comme elles sont très obéis­santes, il me suf­fit de cla­quer des doigts pour qu’elles me reviennent… Ne me deman­dez pas com­ment je fais pour cla­quer des doigts quand mes mains ne sont pas là, moi-même je n’ai jamais com­pris com­ment la chose était pos­sible.

> Combien de per­sonnes se sont-elles éga­rées dans votre site ?

Pour le moment, pas plus de quatre ou cinq. J’attends qu’il y en ait davan­tage pour les aider à en sor­tir. Mais le site n’est pas ter­mi­né, il n’est pas encore assez grand pour qu’on puisse s’y perdre vrai­ment. Quand il sera fini, ce sera une autre his­toire, et je devrai peut-être vendre des bous­soles à l’en­trée !

> Depuis quel âge travaillez-vous sur votre site ?

C’est une drôle de ques­tion, et je vais vous faire une drôle de réponse : je suis né dans ce site, j’y ai donc tou­jours vécu. Je n’y tra­vaille pas vrai­ment, ou alors c’est un bien étrange tra­vail : je m’as­sois der­rière un fil, et j’at­tends les visi­teurs…

> Avez-vous grillé votre ampoule ?

Non non, la véri­té est bien plus ter­rible : c’est mon ampoule qui m’a grillé.

> Qu’est-ce qui vous a don­né envie de faire ce site ?

Comme je vous l’ai dit, ce site, j’y suis né. Il devait donc exis­ter avant moi. Qui l’a fait ? Et pour­quoi a‑t-il eu envie de le faire ? C’est un grand mys­tère, même pour moi. Qui sait ? Le site de Monsieur Jacques est peut-être un site pré­his­to­rique…

> Où est votre main gauche, coin­cée dans la ser­rure ?

Un peu de patience, mes amis. Je n’ai pas encore eu le temps de dis­si­mu­ler ma main gauche, mais quand ce sera fait, je pense qu’elle sera très dif­fi­cile à trou­ver.

> Quel est votre métier ?

Je suis un peu pho­to­graphe, un peu écri­vain, un peu artiste, un peu rem­bo­bi­neur de fils. Un peu pares­seux aus­si, et ça, c’est un métier très fati­gant !

> Où habitez-vous ? Peut-on venir vous voir ? Quand ?

Où voulez-vous que j’ha­bite ? Sur mon site, par­di ! Et pour venir me voir, il suf­fit de le visi­ter ! Vous pou­vez vous y rendre à n’im­porte quelle heure du jour ou de la nuit, je serai tou­jours là, assis der­rière mon fil. Mais s’il vous plaît, ne cli­quez pas trop fort sur mon crâne en entrant, ça me donne la migraine…

> Avez-vous chan­gé de voi­ture depuis la créa­tion de votre site ? Pourquoi n’avez-vous pas de limou­sine ?

Je pos­sède une cin­quan­taine de voi­tures, mais la seule que j’u­ti­lise pour voya­ger sur mon site est celle que vous connais­sez, la petite Isetta. Les autres, je m’en sers à l’oc­ca­sion pour aller visi­ter d’autres sites. Tenez, pour visi­ter le vôtre, j’ai pris mon superbe taxi anglais. Vous ne l’a­vez pas vu pas­ser ?

Bien sûr, j’ai aus­si une limou­sineCette fabu­leuse limou­sine est visible sur le site de Monsieur JACQUES… mais il faut cher­cher un peu !, elle est très très très longue, tel­le­ment longue que quand je voyage avec elle, l’ar­rière n’est pas encore par­ti que l’a­vant est déjà arri­vé. Si cela vous inté­resse, je vous en enver­rai une très très très longue pho­to dans un pro­chain cour­rier.

> Combien avez-vous de vies ?

Je ne les ai jamais comp­tées, mais je crois que j’en ai beau­coup. Peut-être autant que de voi­tures…

> Votre voi­ture roule-t-elle vite ?

Avec son moteur de 13 che­vaux, elle ne dépasse pas les 90 km/h. Mais je crois qu’il vaut mieux qu’elle n’aille pas plus vite, parce qu’elle est tel­le­ment légère qu’elle ris­que­rait de s’en­vo­ler !

> Avez-vous beau­coup de choses dans la tête, puisque vous en avez peu des­sus ?

Puis-je me per­mettre de faire la bise à celui ou celle qui a posé cette excel­lente ques­tion ? Effectivement, moins on en a sur la tête, plus on en a dedans ! J’ai plein de choses dans ma tête, et sur­tout une ribam­belle d’i­dées folles. Mais je suis sûr que vous en avez beau­coup vous aus­si, même si je me doute que vous avez plus de che­veux que moi…

> Est-ce que vous vous coif­fez le matin ?

Bien enten­du, mais je me coiffe avec un peigne sans dents.

> La petite fille et son his­toire existent-elles vrai­ment ?

La petite fille existe vrai­ment, elle a votre âge, elle s’ap­pelle réel­le­ment Mimi et elle est très « mimi ». Quant à son his­toire, ou plu­tôt à ses his­toires, si vous y avez cru, alors elles sont vraies. Toutes les his­toires peuvent deve­nir vraies, du moment que quel­qu’un y croit…

> Est-ce que vous aimez encore Mimi ? Son his­toire est-elle vraie ?

Quand on a aimé une Mimi, on l’aime pour la vie. On l’aime tel­le­ment qu’on invente des his­toires de Mimi pour ne jamais l’ou­blier… Des his­toires vraies, bien sûr, mais ce sont les plus dif­fi­ciles à inven­ter.

> Si on attrape votre main gauche, on vous deman­de­ra 1 000 000 000 d’eu­ros !

Méfiez-vous, mes enfants : si vous réus­sis­sez à attra­per mes deux mains, elles vous cas­se­ront tel­le­ment les pieds que vous n’au­rez qu’une idée en tête : vous en débar­ras­ser au plus vite ! Je me demande même si vous n’au­rez pas envie de me payer pour que je les reprenne !

> Où avez-vous pêché votre voi­ture ? Etait ce bien en 3024 ?

Décidément, ma voi­ture semble beau­coup vous inté­res­ser ! Et ma carpe alors ? Vous ne vous deman­dez pas où et quand j’ai pêché ma carpe ? Vous allez la vexer…

En 3024, j’é­tais encore un enfant, je n’a­vais ni per­mis de conduire ni per­mis de pêche. Tiens, je me rap­pelle, c’est jus­te­ment cette année-là que j’ai connu Mimi…

> Est-ce que votre contre-éclipse est dan­ge­reuse pour les yeux ? Dans notre classe, nous avons eu des pro­blèmes et quelques élèves portent main­te­nant des lunettes.

J’en suis sin­cè­re­ment déso­lé. Cela dit, les lunettes, c’est joli et ça peut rendre une fri­mousse ado­rable. Mais savez-vous que l’on m’a par­lé de cas bien plus éton­nants ? Certaines per­sonnes qui por­taient des lunettes avant d’a­voir vu une contre-éclipse n’en por­taient plus après !

> Pourquoi avez-vous une coupe Barthez ?

Alors là, permettez-moi de vous dire que vous me fâchez un peu : vous auriez dû plu­tôt me deman­der pour­quoi Barthez a une coupe « Monsieur Jacques » !

> Pour ter­mi­ner, visi­tez notre site : http://ecole.yourcenar.free.fr.

J’ai visi­té votre site, et j’ai été très intri­gué par l’his­toire de la bâche mys­té­rieuse. Est-ce l’ap­pa­reil pho­to qui est la cause du mys­tère ? Monsieur Devresse pour­ra sans doute vous expli­quer qu’il existe des appa­reils à rideau, mais j’a­voue que per­son­nel­le­ment, je n’a­vais jamais enten­du par­ler d’ap­pa­reils à bâche !

À pro­pos de pho­tos, j’at­tends impa­tiem­ment de décou­vrir les vôtres. Prévenez-moi quand votre page « pho­tos » sera ter­mi­née !

En atten­dant, je vous pro­pose un petit concours : quel sera le pre­mier (ou la pre­mière) d’entre vous à obte­nir le diplôme de Visiteur Émérite décer­né par Monsieur JACQUES en per­sonne ? Cherchez bien, réflé­chis­sez bien, et si vous obte­nez le diplôme, n’ou­bliez pas de me l’en­voyer afin que je puisse le signer et y ins­crire le nom du vain­queur…

À bien­tôt, très chers amis !

Monsieur JACQUES